» L'épine calcanéenne


Epine calcanéenne : une douleur au talon

 

Les talalgies, dont fait partie l'épine calcanéenne, sont très souvent liées à des microtraumatismes répétés.

 

Le calcanéus, un os du talon

 

L'os du talon, le calcanéus (Anciennement appelé le calcanéum), est l'os le plus volumineux du pied. C'est un os formé de tissu spongieux où va venir s'insérer de nombreux tendons et ligaments. Les plus notables étant le tendon d'Achille et l'aponévrose plantaire (Ou fascia plantaire), une membrane fibreuse qui court le long de la plante du pied.

 

Calcaneus

 

Les troubles statiques, un valgus associé à pieds plats par exemple, sont les principales causes des talalgies. Mais il faut aussi chercher d'autres facteurs comme l'obésité qui augmente la pression sur les pieds, l'insuffisance veineuse, un tendon d'Achille court, la marche prolongée ou le port de chaussure mal adaptés.

 

Épine calcanéenne ou épine de Lenoir

 

Elle est aussi appelée aponévropathie plantaire d’insertion.

 

La douleur est de type mécanique, comparée à une piqûre ou un clou qui perfore la plante, d’intensité progressivement croissante, pouvant entraîner une boiterie et une impossibilité de monter un escalier.

Il existe habituellement un dérouillage matinal de quelques pas. Si le dérouillage dure plus de quinze minutes cela doit faire évoquer un rhumatisme de type spondylopathie ou rhumatisme psoriasique.

 

La douleur est située à l'arrière de la voûte plantaire et on peut la provoquer en appuyant dessus. Elle diminue lors de la marche en chaussure à talon.

 

A la radio, on peut observer un épaississement de l'os au niveau de l'insertion de l'aponévrose plantaire. C'est la fameuse "épine" des radiologues qui n'est qu'une excroissance osseuse qui n'est que la conséquence de l'excès de traction mais jamais la cause des douleurs.

 

Radio epine

 

L’échographie est nécessaire pour identifier l’origine de la douleur : oedème ou inflammation de l’aponévrose à un ou deux centimètres en avant de l'insertion, rupture partielle, tumeur ou kyste.

 


Pour aller plus loin, nous vous conseillons la lecture de cet article de Passeport santé : Fasciite plantaire ou épine de Lenoir

 

Soulager la douleur : quels traitements ?

 

Le traitement de la fasciite plantaire associe le repos pendant quelques jours, le temps d'obtenir une paire de semelle orthopédique qui corrigera les éventuels troubles statiques qui ont conduit à cette talalgie.

S'il n'y a pas de troubles statiques associés, une simple paire de talonnette doit être suffisant.

Cette talonnette dite de rehaussement doit être en matériau ferme (plastique, liège aggloméré) pour éviter l’instabilité, source de contractures réflexes, de tensions stabilisatrices et donc d’accentuation de la douleur. Il faut éviter les talonnettes amortissantes, d’autant plus que les talalgies ne proviennent pas d’un excès de pression mais de traction sur les insertions.

 

Pendant cette période, il faut absolument éviter le piétinement, la course à pied et toute activité physique douloureuse, la marche pieds nus ou en chaussure plate. Le port de semelles orthopédiques avec des voûtes importantes qui vont avoir tendance à augmenter la tension dans l’aponévrose plantaire est aussi à éviter.

 

La prise en charge par un kinésithérapeute est presque obligatoire. Il va associer des massages, de la physiothérapie locale comme les ondes de chocs ou les ultrasons et surtout des exercices associant contraction contrariée, relâchement et étirement passif.

 

Vous pouvez aussi effectuer des exercices chez vous :

  • Etirement de la voûte plantaire : asseyez-vous et posez votre pied sur votre genou. Tirez vos orteils vers vous pour étirer au maximum le fascia plantaire. Gardez la position pendant 8 à 10 secondes et répétez 10 fois.
  • La balle de tennis : faites rouler une balle de tennis sous votre voûte plantaire pour effectuer un massage. Ajustez la pression selon vos sensations et la douleur ressenti.

 

Dans le cas de douleurs intenses, l'infiltration de corticoïde se justifie. Ces infiltrations doivent se faire par voie plantaire et de préférence sous contrôle d'imagerie pour éviter les infiltrations à l'aveugle qui peuvent conduire à des micro ruptures d'aponévrose ou à un kyste à l'intérieur de l'aponévrose.

Les anti inflammatoires non stéroïdiens peuvent soulager la douleur ponctuellement par exemple après une activité physique en complément de l'application indirecte d'une poche de glace pour calmer l'inflammation.

 

Nous vous conseillons aussi de consulter les conseils de la sécurité sociale : Que faire en cas de douleur au talon ?

 

Soulager la douleur : quelles chaussures ?

 

Il est conseillé le port de chaussures à semelle de caoutchouc avec un talon large et de hauteur moyenne.
Dans le cas de port de semelles orthopédiques ou de talonnettes, il faut choisir une paire de chaussures avec des semelles internes amovibles pour avoir la place de loger vos orthèses.

Vous retrouverez ce type de chaussure dans notre sélection basket confortable. Nous vous conseillons les chaussures Dr Comfort qui ont une semelle amovible et un intercalaire. Cela vous permettra d'ajuster le volume et la profondeur de la chaussure selon que vous ayez des semelles orthopédiques des talonnettes ou rien de cela.

 

Les autres talalgies plantaires

 

De nombreux muscles plantaires vont venir s'insérer sur le calcanéus, des tendinoses d'insertion peuvent donc apparaitre. Les signes cliniques seront à peu près les mêmes que ceux de l'épine calcanéenne.
Le siège de la douleur sera différent et dépendra du muscle touché et de son lieu d'insertion.

 

La talonnade ou talalgie plantaire commune correspond à une souffrance des parties molles se trouvant sous le calcanéus. Ces parties étant en contact permanant avec le sol, elles peuvent souffrir de microtraumatismes répétés surtout au cours de gestes professionnelles ou sportifs. La mise au repos et le port de talonnette amortissante entraîne généralement la guérison.

 

Lorsque tout le système plantaire est en traction permanente, dans le cas d'un pied creux par exemple, on peut aboutir à une talalgie diffuse. Il est alors difficile de savoir exactement d'où vient la douleur. Si la douleur est mécanique, il faut penser à une fracture de fatigue du calcanéus et à certaines maladies inflammatoires et métaboliques qui peuvent débuter ainsi.

 

Les talalgies postérieurs

 

L’enthésopathie calcanéenne postérieure se manifeste par des douleurs mécaniques à la partie postérieure du talon. La pression localisée déclenche la douleur ainsi que la position debout sur les demi-pointes.

La radiographie du talon de profil peut montrer un enthésophyte calcanéen. Il s’agit d’une petite excroissance osseuse à l’insertion du tendon (« épine »), témoin et conséquence du surmenage en traction.

 

Talalgie post

 

Le traitement associe le repos, l’arrêt des sollicitations du tendon, différents médicaments, la kinésithérapie de décontraction, le port de chaussures à talons moyens et une talonnette de rehaussement en matériau ferme, non élastique.

 

L’hygroma ou la bursite talonnière postérieure survient par inflammation mécanique. Elle est due au frottement répété du talon contre la tige d’une chaussure. L’aspect cutané est variable : simple rougeur, tuméfaction fibreuse ou hygroma, parfois surinfecté.

La marche pieds chaussés peut devenir douloureuse.

 

La chaussure est parfois en cause : contrefort trop dur, trop large ou emboîtage mal conçu, talon trop haut. Le traitement comporte des conseils de chaussage et le port d’orthèse plantaire en cas de trouble statique.

 

Auteur : Philippe Vesin - Podo-orthèsiste et spécialiste du pied depuis plus de 10 ans. Ses consultations quotidiennes avec un large panel de patients ont permis à Philippe d'acquérir une expertise qu'il met aujourd'hui au service de Podexpert.

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